La Résistance : Ces héros discrets
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Dans ce département qui " s'honore " de son radicalisme, de son anti-gaullisme primaire au moins pour certains, ils devaient être courageux et peu nombreux celles et ceux qui contribuèrent à libérer la France de l'envahisseur nazi en s'engageant avec le chef de la " France libre " dès le 18 juin 1940 !
Aussi pour tous ses " soldats d'honneur ", tous ces héros discrets, il était temps de leur consacrer quelques lignes.
Et, quoi de plus normal que le faire en ce jour du 18-Juin désormais entré dans l'Histoire grâce à celui qui appelait les françaises et les français à résister : le Général De Gaulle.

" La flamme de la Résistance ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas. "


Des premiers résistants, ils n'en reste plus beaucoup, ils s'en vont en silence, mais ce sont à ceux-là que l'on pense en premier parce qu'un jour de 1940, ils n'ont pas combiné, réfléchi : ils ont rompu tout net, seuls et contre tous !
Il faut imaginer la force d'âme pour se soulever contre l'immense majorité des Français, contre la raison maréchaliste, contre le souci de carrière, contre les familles parfois, contre les conforts… : " c'était un temps déraisonnable ".
C'était un temps où le Général De Gaulle exhortait le peuple de France en lui disant qu'il n'avait perdu qu'une bataille, que bientôt des forces considérables allaient le rejoindre, tout en lui demandant de le rejoindre et de résister avec cette phrase chère au monde des anciens combattants : " La flamme de la Résistance ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas. " Un tel message, chargé d'une si grande espérance allait redonner confiance et changer la vie de bien des volontaires.

Un exemple parmi des milliers d'autres

" Le martyre d'André Arnau, mon frère : il avait 22 ans. Avant de mourir, mon frère m'a dit " n'oublie jamais Denise que les miliciens sont mes assassins "…. Requis pour le service du travail obligatoire en Allemagne, il refuse d'aller travailler pour l'ennemi et rejoint le maquis. Dénoncé par les miliciens, il est arrêté, torturé et finalement déporté vers Buchenwald et interné dans les conditions que l'on sait… " voilà une partie du déchirant témoignage que l'on pourrait répéter des milliers de fois tant il y a eu de cas similaires. Oui, ne l'oublions pas : l'ennemi était de l'extérieur (l'Allemagne nazi) mais également de l'intérieur (le Gouvernement de Vichy et sa Milice chargée entre autre de traquer les " juifs " de France et les maquisards).

Une distinction utile pour comprendre


" Les Résistants se considéraient alors, selon la forme que prenait leur combat comme des Militants (quand ils appartenaient à un mouvement de Résistance ou à des partis politiques clandestins qui les rejoignaient dans le combat), ou comme des Soldats (quand ils étaient membres d'un réseau de Résistance à vocation exclusivement militaire).
Les mouvements des résistance, Les M.U.R) et à fortiori les partis politiques clandestins qui les rejoignent dans le combat, sont des organisations fonctionnant de façon autonome qui, souvent entendent conserver cette autonomie vis-à-vis de la France Libre et qui mènent une lutte aussi bien militaire que politique, visant à préparer la population française à la reprise du combat et à l'après-guerre.
A l'opposé, les réseaux sont des organisations contrôlées de l'extérieur (Londres) créées en vue de l'accomplissement d'une mission de type militaire : renseignement, évasion, action, liaisons aériennes… Les réseaux sont organisés autant que le permettent les règles de la clandestinité de façon très hiérarchisée, comme une unité militaire et ne se livrent à des recruteurs d'agents indispensables à l'accomplissement leurs missions.
Oui, ce sont des explications essentielles qui éclairent d'une autre lumière les intérêts de chacun. Pour autant, l'objectif premier de tous était de libérer cette France prise sous le joug des nazis et d'un gouvernement complice qui dans bien des domaines s'en était fait le bras armé.
Alain Laffargue,

Propos complétés grâce à l'aimable contribution de Jean Pallas
(Officier de la Légion d'Honneur, Chevalier de l'Ordre national du mérite, Croix du Combattant volontaire de la Guerre et de celle de la Résistance(39-45), Croix du Combattant, Insigne du réfractaire, Médaille Commémorative (39-45), Médaille de la Reconnaissance de la Nation, Médaille d'Honneur du Travail " Grand Or ").

N.B. : Rappelons pour nos amis du Tarn-et-Garonne que Maurice Papon, préfet lors de ces évènements, s'est retrouvé condamné il y a quelques années pour " sa " participation… et, que René Bousquet, un des hauts responsables, secrétaire général de la police, du gouvernement de Vichy, n'a pour ainsi dire jamais été inquiété (ami personnel de François Mitterrand, administrateur de La Dépêche du Midi… appartenant à " qui-vous-savez " !).
Le monde associatif des anciens combattants et résistants reste étonnamment muet (oublier…) alors que l'on invoque sans cesse ce " devoir de mémoire " dû aux jeunes générations !

La contribution des actes de résistance


"Quelle contribution réelle la Résistance, les Résistances en Europe occupée, ont-elles apporté aux forces alliées, à la lutte contre le nazisme? Quelle influence aura l'esprit de la Résistance sur les structures de la France nouvelle émergeant de quatre ans d'humiliation et de souffrance ? Quelle place sera faite dans les institutions rénovées aux différents courants de la pensée de l'action résistante ? Les buts de la Résistance seront-ils servis ou trahis, une fois atteint l'objectif premier: la libération du territoire ? (...)
Sans revenir aux déclarations alliées officielles sur l'aide que la Résistance a apporté aux forces militaires après le débarquement de Normandie, sans refaire une fois de plus la statistique des sabotages des voies ferrées ou des locomotives rendues inutilisables, des nazis battus, des messages radio ou des courriers échangés avec Londres, des parachutages, on peut dire que la Résistance a constitué, pour ceux qui la vivaient en France ou dans les autres pays d'Europe occupée, une prise de conscience de l'impossibilité où se trouvent des humains dignes de ce nom de laisser perpétrer le crime contre l'homme que représentait le nazisme. Une prise de conscience qui a coûté cher, que certains ont oubliée, la guerre finie, mais qui a changé la destinée de ceux qui ont survécu aux combats, aux camps de déportation, à la lutte clandestine. Si les luttes d'après-guerre ont brisé l'unanimité de la Résistance, si elle abonde en souvenirs douloureux, elle représente un moment privilégié de la vie de ceux qui ont pu mener la lutte jusqu'au bout. Ils auront parfois la nostalgie de ces "temps menacés", une fois retrouvés la chaire, le laboratoire, l'atelier ou l'usine, parce que ces temps se confondent avec leur jeunesse, ou avec l'espoir qu'ils rêvaient d'une ère nouvelle, d'une humanité réconciliée. Ce rêve donnait des accents inoubliables à la littérature de la Résistance, aux lettres des derniers adieux. Le vent de l'histoire, depuis 1945, déchire ou fait renaître, de continent en continent, le modeste espoir des résistants d'hier: une terre sans parias et sans haine."


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