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| Une
prise d'armes très digne et très émouvante |
Lavit |
Pour
qui n'est pas habitué aux cérémonies militaires, ce samedi
7 juin en notre Brigade de Gendarmerie, chacune et chacun pouvaient y voir le
sens de la préparation, du respect des traditions, du soin et de la minutie
avec lesquels ont sait répondre dans ce grand corps de l'Etat qu'est la
fonction militaire lorsqu'il s'agit de montrer au public (et aux autorités
politiques) ce qu'elle a de plus fort : la présentation, le sens du devoir
et l'art de savoir bien faire les choses en toutes circonstances. C'est d'autant
plus évident que ce jour-là il s'agissait justement d'honorer la
mémoire des gendarmes en poste, ici à Lavit, dans une bien triste
période de notre Histoire : 1940-1945. L'envahisseur nazi était
là un peu partout, sur le terrain et dans les rouages d'un Etat (élus,
pouvoirs publics, police, une certaine presse, etc
.) qui, lui, a choisi
de collaborer
mais nos gendarmes, eux, non ! Voilà pourquoi, cette
journée exceptionnelle avec une plaque commémorative en leur honneur.
Journée à laquelle participaient bien des autorités (même
si l'on nota l'absence pour le moins curieuse de M. Jacques Briat, député
de la 2ème circonscription du Tarn-et-Garonne. Pour autant, il eût
la courtoisie de s'en expliquer dans un communiqué de presse) :
M. Linfort, sous-préfet de l'arrondissement de Castelsarrasin et représentant
M. Paraf, préfet du Tarn-et-Garonne ;
Monsieur le président du Conseil général de Tarn-et-Garonne
Monsieur Garrigues, Maire et Conseiller général de Lavit,
Le Lieutenant-Colonel Pages-Xatard-Pares, commandant le Groupement de Gendarmerie
départementale de Tarn-et-Garonne,
Monsieur Bach, président de l'Amicale des anciens et amis du Maquis de
Lavit. A l'arrivée des autorités et des porte-drapeaux les hommes
de l'Adjudant Caroesco, commandant la Brigade de Gendarmerie de Lavit parfaitement
alignés et sanglés dans leur uniforme des grands jours exécutèrent
un superbe " présentez armes ! " pour le salut aux autorités. Ensuite,
le Lieutenant-Colonel Pages-Xatard-Pares procéda, au nom du Président
de la République, à la remise de la Médaille militaire à
l'Adjudant-chef Astié, Chef du groupe de Commandement de la Compagnie de
Castelsarrasin et à l'Adjudant Bellière, Commandant la Communauté
de Brigades de Beaumont-de-Lomagne. Puis ce fut au tour du Commandant Castelli,
Chef d'escadron, de donner la lecture de l'historique des " héros
" du jour :
Historique des gendarmes de Lavit entrés en
résistance
Dans le contexte de l'époque, la 10ème
Compagnie de l'Armée Secrète est créée au mois d'octobre
1942 dans le canton de Lavit et jette ses bases dans le bois dit " d'Artech
", à la ferme de " Carottes ", sur la commune de Castéra-Bouzet. Le
Gendarme Augé Joseph-Marc, de la Brigade de Lavit, sympathisant du Maquis,
prend quelques initiatives individuelles et sauve la vie d'un facteur, agent de
liaison de la Résistance recherché parla Gestapo. Le cours des
évènements se précipite, les militaires de la Brigade reçoivent
l'ordre de faire mouvement le 09 juin1944 sur Castelsarrasin. Dans l'esprit du
gendarme Augé et de ses camarades, il n'est pas question d'accepter ces
ordres qui émanent du Gouvernement de Vichy. Ils consultent leurs épouses
et décident alors de re joindre le maquis des " Carottes ". La
difficulté consiste alors à rallier l'Armée Secrète,
sains et saufs tout en assurant la sécurité de leurs familles. Pour
ce faire, un stratagème est imaginé avec le responsable local. Il
est ainsi décidé de mettre en place une embuscade au niveau de la
gare d'Asques. C'est ainsi que le lendemain vendredi 09 juin 1944 dans le courant
de l'après-midi, lors du transport des militaires en armes vers Castelsarrasin
par camion réquisitionné, le convoi est attaqué. Les Gendarmes
sont désarmés et faits " prisonniers " par les maquisards.
Les gendarmes Augé Joseph, Dauch Louis, Boucher Moïse, Faux Jean,
Foissac Charles et Maffre Louis, entrent dès cet instant en résistance
contre l'occupant nazi. Joseph Augé se démarque rapidement, galvanisant
son entourage. Il prend la tête d'un groupe qu'il entraîne au mieux.
Le 17 août 1944, la 10ème Compagnie reçoit l'ordre d'interdire
l'accès aux ponts sur la rive gauche de la Garonne entre Saint-Aignan et
Verdun-sur-Garonne. Une attaque est programmée le 19 août 1944
au carrefour de " Lavitarelle " à Montech. Le groupe " Bâtard
" entre en action et l'opération se solde par un succès. Les
véhicules allemands sont stoppés et les soldats neutralisés.
Cependant, le gros du convoi allemand en provenance de Bordeaux est attendu le
lendemain 20 août 1944/ La 10ème Compagnie est renforcée par
d'autres éléments pour la position de " Lavitarelle ".
En fin de matinée, les hostilités sont déclenchées
mais les difficultés apparaissent rapidement, la puissance de feu ennemie
est largement supérieure. La 10ème Compagnie doit décrocher
et se replie vers Bourret. Le groupe conduit par Augé est intact, tandis
qu'un élément tombe mortellement blessé. En participant
très activement à la hauteur de ses moyens à l'échec
de l'occupant, le groupe " Bâtard ", sous le commandement de Joseph
Augé et composé de ses camarades " Séville ", "
Intendant ", " Juste ", " Bidon 5 " et de son chauffeur
attitré " Bolide " a mérité la reconnaissance qui
lui est accordé aujourd'hui. "
Un autre moment fort : la
plaque est dévoilée !
A la suite de la lecture de ce
message, ce furent au tour du Président du Conseil général
et de Monsieur Bach, accompagnés par M. Garrigues et par le Lieutenant-Colonel
Pages-Xatard-Pares de dévoiler la plaque marquant cet événement
: l'honneur mérité et rendu à ces Gendarmes de Lavit. Manifestation
qui fut saluée par la Sonnerie aux Morts, la minute de silence et bien
sûr, la Marseillaise, notre hymne national. Et, pour clore ce grand moment
d'émotion et de solennité, ce furent au tour de Mme Augé
Marc (belle-fille de M. Augé Joseph) et de Franck Darparens d'entonner
le Chant des partisans. Bien des lavitoises et des lavitois avaient tenu à
assister à cette cérémonie marquant ainsi une des pages de
leur Histoire qui, pour la plupart l'avaient vécue ! Dans la foule on pouvait,
remarquer la présence de l'autre belle-fille de M. Augé Joseph,
Mme Augé Jean qui, avec son mari, sont installés à Montech.,
et également la présence de tous les maires du canton. Enfin,
les autorités saluèrent les porte-drapeaux et se dirigèrent
vers le maquis de " Carottes " où chaque année à
pareille époque a lieu la cérémonie du Souvenir parce qu'il
y a des évènements qu'il ne faut pas oublier !
Enfants
et toutes les générations
Cette journée était
donc également l'occasion de se rendre sur le lieu même du maquis
de " Carotte " pour les dépôts des différentes gerbes
de fleurs où il y a déjà quelques années une stèle
fut érigée en la mémoire de toute cette jeunesse qui n'a
pas hésité à s'engager parce que éprise d'un idéal
de liberté et de patriotisme. Mémoire et exemple étaient
donc au rendez-vous de cette journée et il fallait donc y associer toutes
les générations pour que chacun se souvienne du prix de la Liberté.
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