| Encore
une ! oui, encore une entreprise à caractère très familial
ce qui tendrait à prouver que c'est un des facteurs de réussite
des entreprises " bien de chez nous " !
Une idée simple
: le service à autrui !
L'entreprise des " Ambulances Claude
et Chantal ", c'est toute une aventure qui a commencé en 1973 sous
l'impulsion de Claude Soubies qui, fidèle à son sens du service
et du secours à autrui, a eu envie de fonder une entreprise d'ambulances
dans notre village qui était alors dépourvu de tout transport sanitaire
(le Centre de Secours ne possédait pas encore de VSAB, véhicule
de secours aux asphyxiés et aux brûlés).
Le passage
à la création d'entreprise
Claude était alors
sapeur-pompier depuis 8 ans, et en même temps il était artisan électricien,
quant à son épouse, Chantal, elle possédait alors un bureau
de tabac avec un " petit bazar ". Et, c'est ainsi que le ler avril 1973,
naissait cette activité d' " AMBULANCES RAPIDES LAVITOISES ".
Chantal, elle continuait son activité, au cas où
!
Parallèlement à cela en 1975, Claude prit également en charge
les transports scolaires avec 2 véhicules de petite capacité dont
un " tub " pour desservir les écoles de Lavit, Gensac, et Castéra,
et vint l'embauche de la 1ère employée, Rose. L'activité
continuait d'évoluer à tel point que Chantal dut vendre son affaire
pour intégrer l'entreprise, car en 1978, elle racheta l'entreprise Delas
de Gramont avec ses 3 grands cars et ses 2 lignes régulières, ce
qui permit à l'entreprise de Claude d'entrer dans le " grand transport
" !
Une profession règlementée
En 1979,
Chantal part en formation pour acquérir le Certificat de Capacité
ambulancier car la profession a été règlementée avec
la naissance des véhicules sanitaires légers (les transports sont
désormais remboursés à 100%).
Le transport à
la demande
C'est une autre formule que l'entreprise a expérimenté
sur proposition des services de l'Etat (Direction régionale et départementale
de l'Equipement et Conseil général). M. De Marsac, Conseil général
souhaite que l'entreprise lavitoise expérimente cette nouvelle formule
qui deviendra une réussite du point de vue social : cela permettait aux
populations rurales de ne plus se sentir isolées et donc de rejoindre facilement
les villages alentours pour des activités diverses (marchés, démarches
administratives, etc.). En 1986, l'entreprise continue à investir :
elle acquiert le terrain, Chemin de Rapin, et construit un garage.
Tout
bascule !
Or, que se passe-t-il ? Jalousie, calomnie ? Difficile à
savoir ! Tout bascule, l'entreprise perd la quasi-totalité de ses circuits
scolaires (12, à l'époque), il ne lui en reste plus qu'un.
Mais alors, que faire du personnel ? du matériel ? Et là, grâce
à un formidable élan de solidarité, grâce aux maires
du canton et des communes voisines, grâce à ses nombreux clients
et amis, le soutien moral agit activement, l'entreprise survit à la crise
! (L'entreprise n'oublie pas et tient à remercier tout particulièrement
Joël Pizzolato, leurs amis et cousine Danièle, ainsi que Claude Valentin,
sans oublier le Crédit Agricole, oui, toutes ces personnes qui ont cru
à l'entreprise et qui voulaient qu'elle perdure).
Le drame familial
Alors
que tout reprenait des couleurs, les couleurs de la réussite, le drame
arriva
Et là aussi, la solidarité joua à fond, autant
du côté de M et Mme Hayek, que de Henri, Rose, Danièle, Anne,
Elie ou Jérôme. Oui, tous demandaient à Chantal de continuer
ce que Claude avait commencé. Chacun à son niveau essayait de donner
un " coup de main " dans l'entreprise ou bien côté familial,
car les enfants étaient là ! Lionel et Muriel, les 2 premiers, qui
eux aussi ont intégré l'entreprise, mais ils fallaient bien les
former, alors qu'ils avaient prévus d'autres activités, d'autres
voies.
L'entreprise et la famille
De l'union, entre Chantal
et Claude, 4 enfants naquirent et, aujourd'hui, tous sont au service d'autrui
! Lionel et Muriel ont été les premiers à rejoindre l'entreprise.
Xavier, lui est pompier professionnel à Montauban, quant à Cédric
(il est aussi sapeur-pompier au Centre de secours de notre village), le "
petit dernier ", lui aussi a rejoint l'entreprise en 1998, d'abord en tant
que secrétaire puis, comme conducteur depuis Juillet 2000. Ceci dit,
lorsque l'on demande à Chantal comment l'on pouvait concilier toutes ces
activités, la réponse, pour elle, est évidente : " D'abord,
nous étions jeunes ! On y croyait, et puis, il y avait les pépés
et les mamies ! " Aujourd'hui, Chantal se souvient de leurs débuts
: " Au commencement, nous ne possédions qu'un ID 19 qui n'était
même pas sur-élevée, un brancard sans béquille et nous
devions donc " brouetter ", car il n'y avait que le chauffeur comme
équipage ! ". Aujourd'hui, l'entreprise possède 4 ambulances
(2 ASSU et 7 VSL) et un taxi, plus les véhicules de ramassage scolaire.
" Nos premiers employés ont été Rose et Elie, mais ils
étaient aussi des alliés formidables, tout comme Marcel ! "
poursuit Chantal, " pendant les 20 premières années Claude
et moi nous avons assuré toutes les gardes de nuit (dimanches et jours
fériés ! Aujourd'hui, je continue avec Lionel et Cédric.
Mais depuis 2001, à notre grand regret, il ne nous est plus possible toutes
les gardes préfectorales. La législation du travail est devenue
trop contraignante et c'est vraiment à contre-cur que je suis quelques
fois amenée à refuser des transports ! Oui, j'en ai un peu honte,
car ce n'est pas la philosophie que je me fais de mon métier qui est :l'urgence,
la disponibilité ; secourir, aider et être l'oreille attentive et
ce, à tous moments. J'espère que des solutions seront trouvées
! "
Un des plus gros employeurs du village
Actuellement,
l'entreprise des " Ambulances Claude et Chantal " représente
un des plus gros employeur (privé) du village pour un chiffre d'affaires
annuel avoisinant les 473000euros et son rayon d'action s'étend sur tout
le canton de Lavit, celui de Beaumont-de-Lomagne, en grande partie ceux de Saint-Nicolas-de-la-Grave
et d'Auvillar, les communes de Bouillac, Comberouger, Saint-Sarfos et quelques
communes du Gers. Madame Chantal Soubies est également investie dans
la profession des transports sanitaires puisqu'elle fait partie du sous-comité
des transports sanitaires à la DDASS, participe en commission de concertation
à la CPAM, dont elle est la trésorière.
L'avenir
?
Mme Chantal Soubies : " Je le vois plutôt morose. La profession,
en général, a de gros problèmes de permanence ! Sur un plan
plus local, il semble que nous avons beaucoup de personnel et pour autant nous
n'arrivons à pas à résoudre cette même problématique
! Il faut donc attendre la suite des évènements
pour ce qui
est de ma retraite, c'est vrai, j'y songe ( !), mais, comme beaucoup de conjoints
d'artisans, elle ne sera pas importante alors il me faudra être en bonne
santé encore 10 ans de plus ! ". C'est au moins ce que nous vous
souhaitons Chantal car il en faut et de la santé et du courage pour maintenir
une activité en zone rurale ! |